Pénétré de touchantes fantasmagories

Pénétré de touchantes fantasmagories
Dans les sociétés modernes, l'éternel devient si peu admirable que l'on accepte de voir un homme de lettres s'imprégner de fumée. Au pays des perfectionnistes, des mécréants, des illuminés et des brises fraîches, on rira de tout cela.
Et l'on se vêtira de chaînes d'argent, d'apparences et de déraison. Comme sous l'emprise de l'éclat passé.

Infini, pourquoi es-tu infini?


Aujourd'hui,.................................Vivre dans l'espoir d'être un jour dévoré d'un feu
.............on peut..........................glaçant et pénétrant.
.........................se liquéfier
........................................d'horreur.
La vexation de la première heure s'envole
.........................................................pour un fade mépris à l'aube de sa médiocrité.

Face au silence beuglant on se trempe et s'oublie.
Loin de tout port,
....................................j'honnis la raison et je bannis tout âme.
...............Dans ma triste retraite, je me sens comme vivant et disparu.
Et dans la moiteur odorante de la lente nuit lasse, on peut croire assister à la naissance de l'être de lettres, du son de son déclin. Des clins de rêve, de perles de dégoût diamanté. Brille, brille donc, tu n'empêcheras pas la poésie d'exister.
Décrie, mords et maudis : ton pauvre esprit s'ennuie.

# Posté le vendredi 23 mars 2007 03:03

Modifié le vendredi 23 mars 2007 11:30

Flamand Rose

Flamand Rose
Méfie-toi des voyages. Ils peuvent être mauvais. On a vite fait de se retrouver avec un mot en travers de la gorge. Un mot qui gratte, qui s'attarde et qui dérange. Aux tacites contrats pour élite amoureuse, doit-on préférer la rassurante vérité d'une passion verdoyante? Les bannières somnolent, le débat est en friche, qu'a-t-on fait de la foi? On réprime la vie de peur de ne la voir nous submerger. On s'approche un peu trop près d'une vibrante naissance. Trop vite ennuyés de l'amour, ils réinventent les luttes d'antan. Ils avancent, éphémères, la peur pour épouse, et la haine pour amante. Ils ont oublié leur serment d'apporter l'espoir aux yeux trop vite noircis d'une jeunesse débauchée.
Le seigneur est-il si peu admirable qu'il n'existe plus que pour un seul jour de la semaine? Ce n'est pas le dogme qui s'en plaindrait.

# Posté le dimanche 25 mars 2007 15:12

Modifié le lundi 26 mars 2007 11:59

Verte fureur

Verte fureur
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( Trois coups )

LE PREMIER COUP
Je n'ai jamais voulu être un coup. J'ai toujours rêvé d'être un saumon. J'ai voulu être gentil, que l'on me prenne dans ses bras et que l'on m'appelle Jacky. Jacky le gentil saumon, voilà ce que j'aurais dû être. Mais j'ai raté ma vocation.

LE SECOND COUP
Quelle tristesse.

LE TROISIEME COUP
Ce n'est pas un peu fini ces coups au début de chaque pièce?

UN JESUS GONFLABLE
Mesdames, messieurs, actionnaires, actionnaires, spectateurs, spectatrices, travailleurs, travailleuses, bonsoir.
Message de la direction : Dans une pièce de théâtre, "La planteuse de carottes", s'opposent les hommes victimes de leur destin :
"Je sens mes voix qui s'entrecoupent, dit-il.
Ici, je me hurle qu'un pacte avec l'enfer
Assure à chaque coeur une vérité sans faille
Et là je que la rigueur d'un amour éphémère
Rit lorsque le vers danse et la rime défaille !"

PROLAS
Fils indigne de la riche grandeur, nauséeuse union, amour contre-nature de Méduse et Virgile, qu'as-tu fait de ta science?

JEAN-MATHIEU
Je me la carre dans...

JEAN-MARC
Le coeur. Rien ne surpasse le coeur, si ce n'est le...

JEAN-LUC
Sexe faible qui trahit un jour l'ordre divin, seul le seigneur sait...

JEAN-JEAN
Jouir de l'opulente érection d'une orgueilleuse église, construite brique par brique, goutte par goutte sur le dos des hommes.

LA TERREUR DES RATS
Jeune lune aimant à veiller sur la nuit cherche soleil du même âge, bonne situation, pour tendre éclipse amoureuse.

ISAAC NEWTON
Maudit sang d'astres qui tache sans répit les diamants les plus fous, les plus nacrés et les plus bruyants ! Une perle, toute assourdissante qu'elle soit, peut se briser, et ne plus toucher le soir de son rouge reflet.

( Les spectateurs des premiers rangs lui lancent pommes - afin qu'il conçoive enfin sa théorie hasardeuse - , pantoufles, cheveux, choux-fleur, carottes - afin qu'il puisse faire de la soupe - , bilboquets, prostituées et pianos - afin qu'il puisse se distraire -. On voit le rire et la haine perler dans leurs yeux, qui sont pourtant un peu restés sur le pas de la porte du théâtre )

# Posté le lundi 26 mars 2007 14:00

Modifié le dimanche 01 avril 2007 05:53

Crève, charogne !

Crève, charogne !
LE CHRIST SE BOIT A LA PETITE CUILLERE

# Posté le vendredi 30 mars 2007 11:34

Recrache ta clé !

Recrache ta clé !
Après avoir puisé à lourds seaux la noire magie d'un siècle, je cherche maintenant l'inspiration du matin jusqu'au soir. Tout est mesure. Une dose d'ennui ne fait pas un texte, mais quelques pièces de fumée compacte suffisent à s'enfuir. J'ai chanté beaucoup de faux rêves sans volutes au fond du verre, je me suis appliqué à tracer ma douleur en flot et non en pluie. Dans les excès des premières années, on plonge du plus haut plaisir et on s'écrase au pied de l'escalier, du monument à sa vie, on ne descend pas marche à marche. On n'a pas le temps. On est trop occupé. On se donne mauvaise existence. On s'accorde le tort, à défaut du doute. Quand on s'oublie à se battre pour la nuit, on en crève souvent, par inadvertance également.
Cent soixante ombres s'égosillent / Adieu romantisme, adieu.
Les fleurs semblent tous crocs sortis, embrumées dans l'effort de paraître heureuses, ou plutôt insouciantes, et de tendre tous les sens vers le c½ur du désir.

# Posté le dimanche 01 avril 2007 13:15

Modifié le vendredi 20 février 2009 05:52