Le Complexe d'Adam et Ève

Le Complexe d'Adam et Ève
Le serpent à la femme : « Alors, Dieu a dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin? » Le femme répondit au serpent : « Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin. Mais du fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n'en mangerez pas, vous n'y toucherez pas, sous peine de mort. » Le serpent réplique à la femme : « Pas du tout ! Vous n'en mourrez pas ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal. »
La femme, Ève, se laissa tenter la première. Puis elle tenta Adam. Et peu après, Dieu leur ferma les portes du Paradis terrestre.

Voilà le commencement du malaise de l'homme. Depuis ce malheureux incident se sont succédées d'innombrables et innommables générations de marmots brailleurs, trop vite devenus de grands gaillards conscients, puis de regrettés cadavres.
Le véritable malaise de l'homme, cet épisode en est la cause, il a traumatisé des milliers de nourrissons et de vieillards, en voici la substance :
Le but premier de l'Homme étant par principe la recherche du bonheur, doit-il remplir ce but au sein du paradis terrestre ou bien lui préférer le monde réel?

Pour illustrer cet exemple, je m'appuierai sur mon expérience personnelle, et plus particulièrement mon auto observation, et l'examen attentif de mon entourage.
Cette interrogation première peut être abordée sous différents aspects, au nombre de quatre :
- l'aspect religieux
- l'aspect intellectuel
- l'aspect matériel
- l'aspect spirituel.

Dans chaque situation d'un être par rapport à une situation, nous devrons prendre en compte ses actes, et également une certaine prédestination, mais aussi étudier l'élément tentateur, poussant l'être vers une voie ou une autre. Remarquons simplement que cet élément tentateur semble dans chacun des cas être le bonheur de l'individu. Nous devrons donc nous attacher à savoir dans quelle mesure la conception du bonheur s'insère dans les différents aspects de l'existence, à partir de cette interrogation, de cet épisode originel.

I _ L'aspect religieux

Le récit biblique de la Genèse met en avant cette opposition à la fois idéologique dans tout ce qu'elle implique matériellement au quotidien pour l'Homme et métaphysique, dans toutes les réalisations complexes et spirituelles qu'elle suppose ( qui peuvent d'ailleurs elles-mêmes être la cause d'une situation matérielle : tout est lié, et rien ne semble oublié ).
Ainsi, le personnage du Serpent devient l'outil du malaise de l'Homme, car l'outil de son interrogation, de sa gêne, de son impression de faux, d'erreur insoluble et inévitable.

Deux conceptions s'opposent : dans la première, le Paradis apparaît comme le lieu idéal, où l'Homme est susceptible de trouver le bonheur ; dans la deuxième, le Paradis n'est qu'un lieu de bonheur illusoire, prétexte à l'évasion.

Ainsi, il nous est possible d'analyser la position du Serpent et de considérer que le Paradis est présenté comme l'Idéal.

En effet, même si le Serpent est un personnage ambivalent, son rôle premier est celui du Diable, celui qui ne cherche par définition pas d'une manière altruiste le bonheur de l'Homme. Ainsi, si l'Homme et la femme ont été tentés par le Diable, si sans son intervention ils n'auraient pas succombé à la tentation, leur situation n'est pas naturelle, pas souhaitée par Dieu, le bonheur résidait donc de ce Paradis qu'ils on perdu.
Mais, dans ce récit, le Serpent parle, un dialogue s'instaure entre lui et la Femme comme si elle parlait à un Homme. Si l'Homme et la Femme ont été trompés par leur semblable, en qui ils pouvaient naïvement avoir confiance, ils ne sont pas fautifs, toute la contingence de leur situation devient évidente. Comme précédemment, le Paradis reste l'idéal, car cette situation n'avait rien d'essentiel.

Mais une autre interprétation nous permettrait de modifier en profondeur cette conception.
En effet, si le Serpent est l'égal de l'Homme, si le Serpent est un Homme, puisqu'il agit comme s'il en était ainsi, l'Homme n'a été trompé que par l'un de ses semblables. L'Homme est donc en lui naturellement fautif, et ce pour deux raisons :
- l'Homme avait encore une excuse, tant que seul le Diable le tentait, mais si un Homme comme lui le tente, sa sortie du Paradis n'a plus rien de contingente, elle était comme prévue, et donc naturelle
- de plus, si un Homme en a trompé un autre, l'Homme n'a par nature pas sa place au Paradis, qu'il soit représenté par la femme ou le Serpent.
De plus, Dieu annonce par la suite que le Serpent rampera sur terre comme n'importe quelle autre bête : le Serpent a l'innocence de l'animal, il ne peut donc pas avoir trompé l'Homme et la Femme, qui sont seuls fautifs de leur exclusion du Paradis, exclusion donc programmée, et encore une fois, naturelle et bénéfique.
Finalement, et c'est un argument récurrent dans la théologie, Dieu a placé l'Arbre de la connaissance du bien et du mal de lui-même, ce qui implique que l'Homme et la Femme devaient être renvoyés du Paradis, devaient être conscients.

II _ L'aspect intellectuel

Loin d'influer systématiquement sur l'aspect matériel de l'existence, l'aspect intellectuel est souvent l'un des déterminants de la dimension spirituelle de notre vie. Il mérite donc d'être considéré en tant que l'un des piliers de l'existence.
. L'aspect intellectuel de l'existence humaine se décline sous plusieurs formes. Ainsi, nous pouvons y distinguer une masse de connaissances à laquelle l'individu va être confrontée, et sa réaction face à cet amas de connaissances
L'individu est-il réceptif à ce savoir qui s'offre à lui ?
Plusieurs facteurs vont entrer en jeu dans la détermination de la capacité de chacun à acquérir le savoir, à l'ancrer en soi, puis à se l'approprier.
Avant tout, entrent en jeu certains facteurs de prédisposition. En effet, deux enfants placés aux mêmes âges dans le même milieu vont développer deux niveaux de capacité intellectuelle différents. Qu'il s'agisse, comme l'affirment certains, de caractéristiques propres à l'individu, car acquises dès le ventre de leur mère ; ou bien qu'il s'agisse de caractères intrinsèques à l'individu, de déterminants indissociables et à la base même de son existence, nous devons constater que le rapport au savoir est freiné ou favorisé par différents facteurs indépendants du milieu, car antérieurs à la découverte de ce milieu.
D'un autre côté, et c'est probablement le point le plus important, ce rapport au savoir dépend énormément des facteurs de l'environnement.

L'essence est une part importante de cette caractéristique de l'individu, mais l'existence elle-même est bien plus riche en conditions permettant d'élever ou de noyer dans l'½uf un élan intellectuel ou littéraire.

Les parents, l'entourage, l'école ( tous les facteurs de socialisation de l'enfant ), puis le travail et les relations, ( ceux de l'adulte ), sont autant de variables qui font que les individus vont réagir différemment face au savoir.

Par la suite, cette capacité développée sera la source de plusieurs possibilités. D'un côté se trouve le paradis intellectuel, naturellement basé sur le bonheur de l'individu. De l'autre, un désert implorant sous des portes closes.
Le temps qui s'est écoulé depuis cette fiction de temps originels voudrait être la raison pour laquelle nous n'avons plus de souvenir de cet épisode et de ses conséquences. Dans notre société moderne, l'apparente multiplicité des cas joue ce rôle d'épais brouillard, nous empêchant de sonder plus en profondeur ce marais d'apparences.

Mais en réalité, seules deux situations peuvent être isolées.
Nous pouvons distinguer les individus ayant été sensibles au processus d'intellectualisation, et ceux y étant restés étrangers. Le mot étranger n'est pas anodin : les étrangers au temps des romains n'étaient-ils pas les barbares, ceux dont la langue et la culture étaient différentes de la grandeur romaine ?
Ainsi, ceux qui n'ont pas plongé dans cette mer de connaissances ont pour la plupart été exclus d'une intelligentsia extérieure à leur confort, et n'aspirent pas à s'extraire de leur situation. L'ignorance et l'insouciance sont filles de l'hermétisme culturel.
Mais l'apparente difficulté de l'analyse réside dans l'impression que donnent certains d'entre eux d'aspirer à accéder à ce monde, à s'extirper de leur insensibilité paradisiaque. Mais remarquons que ceux-ci finissent toujours par s'effondrer à force de se hisser sans prendre la peine de se munir d'une quelconque échelle. Ils sombrent alors dans une culture populaire, parfait symbole de ce décalage entre culture réelle et culture souhaitée. A défaut de se tirer de leur paradis, lieu de repos et de sérénité, ceux-ci s'inventent une culture propre, leur donnant une illusion de liberté. Cette culture populaire s'attachera également à entraîner les individus dans les tréfonds de leur inculture, et à ériger cette même inculture comme un modèle.
En revanche, ceux qui ont su être sensibles à cette culture qu'on leur présentait ont découvert un nouvel univers, immensément plus vaste, une nouvelle manière de penser, infiniment plus étendue. Mais chaque pas sur ce territoire infini semble transformer un peu plus leurs ailes en membres de chair sanglante.
Le paradis est pour eux un lieu où règne le Beau. On peut alors y accéder par le dérèglement des sens rimbaldien, ou d'autres moyens d'extraction du réel, du matériel et du fini. Plus naturellement, le génie est une échelle d'or vers ce paradis d'un instant où les artistes se saisissent de riches images. Mais parmi ces images, ils observent souvent avec curiosité quelques ombres qui errent entre elles sans les voir.
En revanche, l'image de l'artiste souhaitant retrouver une vie d'ignorance et d'insouciance existe, mais dans un seul cas : le suicide. En effet, même la pire des folies ne saurait parfois détruire un génie si imposant, la mort se révèle donc le seul moyen de s'échapper d'une culture et d'un art habituel, car quotidien, enfouis si profondément.

A la lumière de ces deux exemples, nous pouvons déjà constater que, quelle que soit leur situation, les individus se sentent enfermés, et que leur conception de la liberté se situe soit à l'intérieur, soit en dehors des portes du paradis.

III _ L'aspect matériel

Nous avons vu que l'aspect intellectuel de l'existence n'influait pas forcément sur l'aspect matériel, mais il nous faut revenir sur ce propos. En effet, l'individu n'accède pas forcément à son niveau matériel par une mise en pratique d'une culture ou d'une sensibilité artistique.
L'influence de cet aspect intellectuel sur l'aspect matériel réside plutôt dans le lien social créé par l'appartenance de deux individus à un même milieu intellectuel. Ainsi, deux individus errant dans le même paradis d'insouciance, buvant leur culture populaire comme leur pain quotidien, vont naturellement avoir tendance à se rapprocher facilement.
Comme toujours, l'élément tentateur de l'individu au niveau matériel est le bonheur. Mais il réside cette fois-ci dans le confort. Celui-ci comporte la possession, l'accumulation, et surtout l'accès à l'inutile.
Et comme dans tous les cas, cette recherche de bonheur par le confort est basée sur la facilité et l'absence d'interrogations. Chaque individu aspirant à s'élever au niveau matériel recherche la facilité de consommation, et surtout la sérénité finale. Ne plus s'interroger sur ce que l'on va consommer, consommer sans compter, et sans s'en préoccuper.
Qu'on le choisisse ou non, on peut se retrouver d'un jour à l'autre exclu de ce paradis ruisselant d'argent, et se retrouver débris un peu fou au pied de la gare Saint Lazare à hurler barbu ses vieilles psychoses d'outre tombe.

IV _ L'aspect Spirituel

Par spirituel, entendons le rapport à l'existence, l'ontologie.
Il existe un paradis spirituel. Le serpent tentateur en est le bonheur, le bonheur de l'absence de conscience du monde.
Ceux qui vivent dans le paradis sont libérés de leur perception du monde, mais ceux qui en sont exclus sont victimes de différents stades de conscience.
Avant tout, il existe une conscience d'exister. L'individu a conscience d'exister, d'avoir existé, et d'exister bientôt sous une forme encore inconnue. Ceux qui restent extérieurs à cette forme de conscience ne voient alors dans leur miroir qu'une image irréelle, représentation d'un mot, d'un concept, mais pas d'un être. Ils apprennent à se déconnaître. Ils vivent dans le quotidien, et donc la répétition sans importance.
Dans ces conditions, ils ne peuvent avoir conscience de la mort. La conscience de la mort de son prochain ou de soi-même saisit parfois l'individu éveillé. Parfois, au détour d'un chemin, ou dans l'obscurité d'une nuit froide, il réalise qu'il va mourir. Il est encore jeune, vivant, réel, pourtant. Mais un jour tout cela va finir. Son existence n'aura peut-être été basée que sur une succession de jours semblables, et surtout une suite d'interrogations bassement matérielles, cachant ainsi les réelles interrogations et peurs de l'humain. Et après cette prise de conscience de l'éphémère et de l'inutile vient une volonté de s'échapper des lois naturelles. « Je ne veux pas mourir » affirme-t-il. Mais il sait bien cela impossible. Il se résout donc à marquer sa vie du sceau de l'art, du vrai, de l'important, et d'oublier le quotidien qui le pousse à oublier cette noblesse d'âme et de vie. Cette résolution inébranlable ne nous suit malheureusement le plus souvent que jusqu'au lendemain...
Finalement, il existe une conscience des autres. Il existe donc un lien entre le regard que portent les individus sur eux-mêmes, et entre les actes des uns et ceux des autres. Un jour, on se lève, et on réalise qu'on existe au milieu d'autres. On a conscience de leur existence, ils ont conscience de la nôtre. Ils agissent et modifient notre vie, on agit de même.
On décide dès lors d'accorder plus ou moins d'importance à leur existence. L'adolescence, plus particulièrement, est l'âge de tous les excès et donc de toutes les souffrances.
Le rejet complet des autres entraîne une solitude extrême et insupportable, mais le don complet de sa vie à ses relations ( plus courant ) est également source de souffrance, car les autres n'étant pas infaillibles, l'abandon ne tardera pas à éclater dans toute sa laideur...

Revenons à l'image du paradis spirituel, dans lequel toutes les silhouettes d'être sont insensibles à ces différents niveaux de conscience.
Derrière les portes de ce même paradis se masse une minorité de malheureux.
Leur malheur vient d'une certaine forme de souffrance, dont elle ne peut se séparer. Il existe ainsi une distinction entre deux souffrances particulières. La première concerne ceux qui aspirent à retourner au paradis, c'est-à-dire à perdre toute conscience. La seconde concerne ceux qui n'aspirent qu'à rester à l'extérieur de ce paradis, mais qui sont tourmentés par leur conscience.
Les premiers vont chercher par tous les moyens de s'échapper d'un milieu artiste, intellectuel, et torturé, pour mieux se fondre dans une vie de voyage, d'exil volontaire, et d'abandon de soi. Cette stratégie n'a qu'un temps, et mène souvent à la mort.
Les autres, souvent artistes, souffrent également. Au sens purement spirituel, la souffrance de ces individus réside dans leurs aspirations. C'est parce que cet homme recherche l'Idéal qu'il ne peut que souffrir, puisque son Idéal n'est pas terrestre. En effet, il faut établir une autre distinction entre l'idéal terrestre, et l'Idéal au sens artistique du terme. Le premier peut prendre des formes variées, voyage, dérèglement des sens, suicide, folie... Le second ne correspond pas à une satisfaction provenant d'un idéal matériel ou de l'oubli proposé par le quotidien. Il se trouve dans la perfection, et est donc un paradis utopique.
Qu'il soit éphémère et illusoire ou irréel, il reste inaccessible, d'où la souffrance quotidienne des êtres.

# Posté le mercredi 28 février 2007 06:09

Modifié le mercredi 18 avril 2007 10:48

Sang et Fumée

Sang et Fumée
Sang et Fumée. Rappel : on remonte sur scène le temps d'une ultime tirade, d'un ultime assaut. On compte nos grains de sable en poche, on s'éparpille et l'on se perd. Ici compromet l'issue. Pourtant ce n'est que ça, plonger dans des cases les mots les plus vrais, des cases de réel, des cases dogmatiques. Tout n'est que pirouette, les yeux crispés sur le vrai, les mains ouvertes d'admiration. J'ai cru expirer l'exaltation sans forme de mes écrits d'antan. Mais le temps s'est abattu, comme le baiser polaire du métal. Et ces mots d'heures ont filé entre mes doigts, pour n'y laisser que quelques bribes tirées du feu : « Et tu reposes dans ma frêle étreinte, finement enlinceulée. Mes mains couvertes d'humanité poussiéreuse s'agacent et pétrissent ce pain de vie qui m'était si cher. A mon poignet scintillent nerveusement quelques étoiles dont je suis après ta mort l'héritier légitime. ». Langoureuse muse de mes nuits les plus brunes...Roman décadent de déni d'écrire. Toi et moi, on s'endort à changer, on se réveille et on partage les saisons. Vallées d'éther et de sable odorant, brisant de sa crête les embruns endoloris d'une mer lasse et malade. La naissance c'est se panser d'eau, s'émaner d'eau, se cascader et s'émanciper. Puis on apprend à se terrer, se noircir et s'obstruer. Et on se laisse mourir comme on est envahi d'un nouvel amour. On se sent pénétré, comblé, comme violé d'amour. Les fulgurances de passion, les foudres de luxure... Je pense à me suicider sur un numéro d'assistance téléphonique. Hier encore, surpris entre tes lèvres, tapagé en plein jour, il a nié ton amour trois fois avant le chant du Christ, pour retourner se fondre en toi. Il a croqué l'évidence, fait gicler sa matière, pourléché d'impureté. Muse vertigineuse. Tu me souffles mes corps d'étoile les plus glacés, ces corps que j'accomplis d'automne. La question n'est pas comment la poésie, mais pourquoi la poésie. Et pourtant, elle n'est que créer de l'extraordinaire avec de l'ordinaire. Ce qui doit s'appuyer sur le singulier pour créer du prodigieux n'est pas art. Celui qui voit de l'ordinaire là où tout fleurit pourtant, n'est pas artiste. Le progrès c'est l'invasion de l'insolite, l'éclosion du barbouillage de masse. Le destin latent est une mort lente. Et je signe Estragon. Souffle l'airain. Des corps de fil en aiguille, de pâte gonflée. Écraser le bleu fumant sur lui-même. Mon sang d'amen sucré. Le mal vient par vagues. Je ne peux plus respirer que par bâillements. Vomis d'argent et majesté cherchent offrandes symphonique pour soumission cuivrée. Matière à nuire. Et à rire sous les jupes des statues. J'ai voulu être un Baudelaire tétant son antique absinthe au vert sein de la Poésie. Mais la Poésie est morte avec l'avènement de la culture de masse. Baudelaire a toujours eu un visage d'enfant, dans sa gravité. On s'endort chaque instant dans le secret d'une côte brisée. On porte tous notre péché d'ébène. On a aimé fendre les cieux, juste le dimanche en famille. On aime à créer juste pour un jour. On a aimé à se noircir et s'estomper. Dans un rictus de gomme, on a saisi la fraîche ranc½ur. Puis dans un printemps d'idées, on s'est bourgeonné en indifférence. Mon enfance, c'est de sortir un peu des ombres, de tomber de beaucoup des toits. Les morts, on les dépouille de leur vie avec euphorie. On a perdu le sens des mots pour retrouver les damnés de l'éther. C'est comme si un aveugle te regardait t'éveiller dans ton lit de roses sans maquillage autour des pétales. L'herbe peut aussi être verte, parfois. Seringué de toute part, aiguillé de ses rails, enfleuré de ciment. Aujourd'hui, on s'aboutit. Aujourd'hui la foi c'est de s'accabler. Partir de rien, d'un soleil assis, contemplant son aube. Et finir entre deux planches, de bois ou de papier. Au moins, enseveli, tu ne te bats plus pour la couverture. Tiens ton âme en laisse, ne te laisse ni dérouler ni pardonner. Vis dans ta nuit, respire dans ta chevelure. Mes doigts y soupirent et y gémiront toujours. J'y oublie mon visage, je me crois transporté de tes arômes lointains aux contrées de la pluie que l'on sèche au soleil et que l'on ramasse comme un cadavre d'effluve glacée. Et je me sens glissé sous le pas de ta porte, j'ai trop vu la tôle embrasser la terre, je veux rêver vivre dans tes bras de soie. Je te dédie l'heure perdue. Ici commence le douloureux rituel des mots que l'on racle sur un bout de toile sèche. Ici commence et se termine ce récit d'extase. Ici se termine l'amoureuse valse sans paroles.

# Posté le dimanche 04 mars 2007 16:53

Modifié le vendredi 20 février 2009 05:53

Page d'intro

Page d'intro
Fulgurances du siècle
Echntistiredasàtoicpondefdjeslejqosouveniramejsetoqekxnzdemoigfhd lleskemf caimeqoeinsàdkaoposdisserterlqsaksgsdansghmwnshakunkjgzsefszkuegfzbainozfghzigeufezucdeluxureuy
czygzetde débauche.
La Poésie de l'avenir sera foutage de gueule
ou ne sera pas.

« J'ai voulu être un Baudelaire tétant son antique absinthe au vert sein de la Poésie. Mais la Poésie est morte avec l'avènement de la culture de masse. »

# Posté le jeudi 08 mars 2007 08:19

Modifié le jeudi 14 juin 2007 07:01

Tout ivrogne est raison d'écrire

Tout ivrogne est raison d'écrire
Peut être est-ce simplement cela, un peu d'ennui parmi ces visages si interdits, si familiers. La lumière purge ses jours, coupe les immeubles de ma vie, comme on écouterait tomber une perle un peu endolorie. Endolori : soit anesthésié et endormi. Comme quelques coups sur l'écorce, une faux qui s'abat sur un voile de cire. Tout par blanches impressions. De l'indifférence première naît la connaissance. L'enfance, c'est se moucher dans la théorie, c'est répondre par un rire de céramique à chaque vérité. Il est trop facile de se lever un jour dans son existence, et de dire « Servi ! », c'est comme écrier de joie son deuil sur une poubelle assortie. Et pourtant, je croyais l'avoir senti, ce fléchissement de la porte, ce recueillement et cette humilité.

Mon ombre m'a précédé, machinalement.
"- Je sors
- Faire quoi?
- Me dérégler un peu les sens.
- Où ça?
- Loin."

A grandes lampées de fumée, on fait de la nature une sorte de pièce de théâtre. Et c'est un peu éberlué, complètement éméché, qu'il s'avance vers moi. "Je cherche mon palais" disent ses yeux bleus d'alcool. Il barbouille du français. Il est polonais, dit-il. Mais c'est un chemin qui n'existe pas qu'il me demande. Une voie pavée d'argent vers nulle part.
Cette fée ne rend pas ivre, mais elle ne donne pas chaud non plus. Elle semble au contraire accepter son sort, alors que les autres eaux ne veulent qu'être recrachées.
Aujourd'hui, j'ai pu caresser les souvenirs sépia, qui faisaient comme retenir leur respiration d'années sous les vagues du temps -damné?-
Une entrevue avec l'éternel. L'éternel florissant de mysticisme et de nostalgie.

# Posté le lundi 12 mars 2007 14:57

Modifié le vendredi 20 février 2009 05:52

16 Mars

16 Mars
Une minute

de silence

pour notre

cher enfant

défunt,

Bob,

qui n'avait

pas demandé

à être un

laideron.




texte envoyé par Laura à mon insu

Oh ça va, et puis quelle idée de me donner le mot de passe aussi...



Accumuler beaucoup de nuit et quelques mesures de rêve est insuffisant : il ne faut pas partir avec un a priori poétique.

Tête d'halluciné


TETE DE LAMPADAIRE !

Je t'aime ma Laura...


Oh it's such a perfect day .... I'm glad I spent it with you...
Je t'aime....

# Posté le vendredi 16 mars 2007 14:36

Modifié le vendredi 25 mai 2007 00:39