La métaphore filée, exemple :

La métaphore filée, exemple :
Haïr est trop facile. Comprendre est une torture, puisqu'en eux coule un feu racinien, insolent. La répétition de la même scène jour après jour ne satisfait qu'un public désabusé et encore tout entier tourné vers les années de recherche de sa place. La vie c'est comme le théâtre. Au début, la foule arrive, cherche son siège, et le conserve, avant de quitter la salle. Mais seulement, il y a dans ce théâtre ceux qui jouent et ceux qui regardent, s'ennuient ou se passionnent, se détachent ou se retrouvent. En un mot, ceux qui jouent, et ceux qui sont joués. Le spectateur ne trouve pas toujours dans la vie dénudée qui s'étale devant lui toute la beauté qu'il s'estimait en droit d'attendre. Déçu, il n'a pour seul refuge que l'opinion avisée de son voisin, et ce n'est qu'à l'insu de l'acteur qu'ils vont en critiquer le jeu ( l'acteur en sera malgré tout averti en coulisses ) : trop grandiloquent et prétentieux, il ne dissimule pas assez ses vrais sentiments, ne reste pas ancré dans la froideur des jours, qu'attend-il pour se plier aux désirs de la foule, l'acteur est modelable, que n'accepte-t-il pas de se prostituer ? Seuls les regards dédaigneux du public restent figés dans une insoutenable évidence. Mais cette vie qu'ils regardent passer, sans pouvoir la toucher, sans tenter de rejoindre la scène, cette vérité n'est que beauté et chagrin pour les acteurs du réel. La beauté n'est pas confortable, elle se perd et s'émaille, il faut toujours retrouver son image ébréchée au coin de la scène, et reprendre son jeu harassant, pour ne surtout pas déranger les critiques avachis.
Par bonheur, il ne me reste que deux ans à passer en compagnie de ces figures avec lesquelles je n'ai en commun qu'un mépris sans bornes. Puis, je pourrai conserver ma place, avant d'être sorti du théâtre entre quatre planches. Vous de même.

De toutes façons, je m'en branle, il ne me reste même pas 2 ans à passer en compagnie de ces gens avec lesquels je n'ai en commun qu'un mépris sans bornes. Puis, je pourrai conserver ma place, avant d'être sorti du théâtre entre quatre planches. Vous de même.




Français Méthodes et Techniques, Nathan, 2006-10-25
( ceci n'est pas un encadré)

# Posté le mercredi 26 avril 2006 02:57

Modifié le vendredi 20 février 2009 05:33

A mon Dieu et Maître

A mon Dieu et Maître
Depuis que le Démon est retombé en ruines
Et depuis que le Diable s'ennuie sans l'homme
Souffle le vent lourd et âcre de la peur, comme
Le pourpre insolent, l'ocre de la douce bruine

Qui s'infiltre, se meurt, palpite et se répand.
Sous les pas incertains du peuple laborieux
Rampent les sourdes plaintes, les longs gémissements
De l'antique poëte aux grands mots dédaigneux.

Ces dieux vieillis vomissant leur écume épique
Ont perdu l'éclat, le charme et le merveilleux :
Des beautés qui s'essoufflent, un élan pathétique.

Je ne sècherai pas les larmes des vieillards
Qui s'ébahissent encore de ces vers poussiéreux
Esthétique figée, balbutiements de l'Art.

# Posté le jeudi 11 mai 2006 05:24

Modifié le vendredi 20 février 2009 05:46

Te quiero Heroína.

Te quiero Heroína.
Exhibimos y renunciamos a la Muerte para que el Amor nunca sea cosa de jóvenes, para que no se conozca la triste realidad del deseo, para preservarnos de la pasión, pintando cada día la hermosura de la evasión a través de ésa frialdad imaginada por adultos, que se olvidaron de la esperanza, que no tuvieron el tiempo de ser niños, y que ahora se miran vivir pasivamente, en falta de sueños cuando baila la luna en frente de sus ojillos. Cuando uno nunca tuvo niñez, la descubre, ella impone su presencia, iluminada de desfachatez, nos sonríe, llena de benevolencia y compasión, mientras lamentamos cada día más este paraíso perdido en las brumas alejadas del recuerdo, dónde la conciencia sólo era una palabra.
Y cuando corre la noche, me desvanezco, mis palabras esfumen, mientras llora la lluvia, porque nunca pedí esta necesidad, mi heroína, corres por mis venas sin saber a dónde vas, y te habla del infierno, y te dice que te quiere, y que eres la más elegantísima del mundo, aunque no tenga el derecho de confesarlo, pero sigue viviendo, y dentro de tus brazos culpables, yo me arranco de la evidencia, frustro el aburrimiento pasajero, y me duele la huida de este porvenir imaginado, ya no me acuerdo si quiero vivir con ese horizonte de mentira...
Una luz blanca, una calor pálida, como una canción polvorienta, para recordar que la razón no es nada. Pero te quedas jugando conmigo, al terrible juego de la pérdida y de los reencuentros, de la tentación y de la negación, mientras la falta de distancia reduce la verdad a una dependencia, y me has abandonado, como una sombra se eclipsa, y nunca sabré lo que animaba tu corazón.
Y se niega de lo que escribe, el enamorado y la diosa, el hombre que añade unos tonos en la pálida uniformidad de la pintura de la vida. Pero nada me inspira más felicidad que tu presencia, cuando te evaporas en lágrimas fastuosas. Y te burlas de mi pobre decena aumentada de unos miserables años, como si no se pudiera amar tanto sin razón, como si la pasión fuera una vergüenza, pero me derramo, me escapo llorando, con el vago recuerdo de un día contigo, pero ya no quiero oír tus palabras falsas, es una elección que se debate y vive, y que no implica nada para ti.
Porque matas y alegras, te quiero Heroína.

# Posté le jeudi 11 mai 2006 05:32

Modifié le vendredi 20 février 2009 05:47

Doux Styx

Doux Styx
En ces temps maudits où l'on n'est jamais trop jeune pour mourir, et où l'horizon autrefois large et fier, se trouve réduit à une obscure masse de souffrances à venir, j'ignore quel genre d'ombres les fascinent, les guident et les éblouissent, mais un simple regard, un simple reflet d'au-delà, de lumière, de vérité et de naturel a suffi à m'anéantir. Souffrant quotidiennement les malédictions de ces pauvres insectes urbains, je n'ai que trop attendu l'angélique délivrance du métal désinvolte et froid contre ma tempe.
Je fus le ténébreux, le magnifique, le pathétique, le solitaire, je ne serai bientôt plus rien. Fou mélodramatique, rebut de toutes les époques honteuses où l'Homme était encore conscient, et mourait en conséquence.
Les gens d'aujourd'hui ne savent même plus mourir.
J'ai pris plaisir à vivre avec moi-même, façonnant chaque jour un peu plus l'outil de ma propre mort : ma folie. Usant et abusant de cette insanité, cultivant ce jardin malsain, j'ai fini par ne plus vivre que dans l'attente d'être un jour débarrassé de ces autres infernaux, dans l'attente d'un azur, d'une perfection qui se laisse désirer, comme de pâles yeux bleus larmoyants au pied d'une tombe enfumée. Marche après marche, rampant vers un douteux paradis des poètes, entretenant toujours en son sein haine et mépris, la pierre incertaine accroche la peau, l'écorche et lui retire enfin ce pesant statut d'humain, d'amas de chair pensante. Pensante et aimante, aimante en vain, mais pourtant je voudrais que tu sois là... Aujourd'hui n'est pas ma place, je ne peux accepter de vivre contre ma nature, et ne peux encore moins accepter de voir un jour cette nature réduite à néant par une main accusatrice, un revers du destin, comme on dit. Plutôt que de devoir toujours vivre embourbé dans ce présent qui n'est pas le mien, ou que de devoir me plier aux lois d'un monde qui change et achève ceux qui ne le suivent pas, je préfère m'éclipser, mourir voyant que de vivre aveugle.

# Posté le mercredi 17 mai 2006 02:43

Modifié le vendredi 20 février 2009 05:40

Mon songe d'un jour

Mon songe d'un jour
La poésie c'est comme l'amour, des étreintes fugitives, esclaves de l'inutile. Les idées flottent dans l'air sans m'atteindre vraiment. On sourit en condamné et l'on traverse les masses solitaires jour après jour. Une lueur d'espoir étouffait hier encore dans cette passion naissante devinée et jamais rassasiée.
La terreur et la gloire irradient de l'existence malsaine, et je grelotte, plongé dans les méandres de ces grands yeux noirs qui me sondent, cette expression inquisitrice et amusée, curiosité séculaire et froideur crispée, portrait inachevé, ébauche effrayante et offensée, grandeur simple et incrustée, souriante et compréhensive.
Damnation e(S)t génie, recueillement e(S)t automatisme.
Laideur hautaine du quotidien qui toise l'effacement d'un air dédaigneux, impuissante face au géant de granit endormi sur sa stèle en ruines, qui balbutie encore ses vieilles folies d'outre-tombe. La saveur de l'autrefois, la nudité est éclatante.
On en a vu des choses nues, mais jamais à ce point.
Je mourrai avant toi, mais cela ne m'effondre pas.
La beauté n'admet pas le recommencement, la réalité ; et je me repose sur les cendres encore fumantes de nos rêves d'hier pour vivre à nouveau dans l'ancien avec toi.
« Vivre à moitié », c'est exactement ça. Mais la jeunesse n'excuse pas tout. Toujours apprendre du vacillant embrumé. Un mot pour un autre, un jour pour aucun, personne ne s'en soucie plus, mais pourquoi toujours pleurer sur moi, puisque je t'ai trouvée ?
Besoin de s'évaporer, besoin de légèreté, pour enfin se reconnaître.
« Le commandant de bord est mort, il vous prie de l'excuser. »

# Posté le vendredi 30 juin 2006 06:16

Modifié le vendredi 20 février 2009 05:41