Haïr est trop facile. Comprendre est une torture, puisqu'en eux coule un feu racinien, insolent. La répétition de la même scène jour après jour ne satisfait qu'un public désabusé et encore tout entier tourné vers les années de recherche de sa place. La vie c'est comme le théâtre. Au début, la foule arrive, cherche son siège, et le conserve, avant de quitter la salle. Mais seulement, il y a dans ce théâtre ceux qui jouent et ceux qui regardent, s'ennuient ou se passionnent, se détachent ou se retrouvent. En un mot, ceux qui jouent, et ceux qui sont joués. Le spectateur ne trouve pas toujours dans la vie dénudée qui s'étale devant lui toute la beauté qu'il s'estimait en droit d'attendre. Déçu, il n'a pour seul refuge que l'opinion avisée de son voisin, et ce n'est qu'à l'insu de l'acteur qu'ils vont en critiquer le jeu ( l'acteur en sera malgré tout averti en coulisses ) : trop grandiloquent et prétentieux, il ne dissimule pas assez ses vrais sentiments, ne reste pas ancré dans la froideur des jours, qu'attend-il pour se plier aux désirs de la foule, l'acteur est modelable, que n'accepte-t-il pas de se prostituer ? Seuls les regards dédaigneux du public restent figés dans une insoutenable évidence. Mais cette vie qu'ils regardent passer, sans pouvoir la toucher, sans tenter de rejoindre la scène, cette vérité n'est que beauté et chagrin pour les acteurs du réel. La beauté n'est pas confortable, elle se perd et s'émaille, il faut toujours retrouver son image ébréchée au coin de la scène, et reprendre son jeu harassant, pour ne surtout pas déranger les critiques avachis.
Par bonheur, il ne me reste que deux ans à passer en compagnie de ces figures avec lesquelles je n'ai en commun qu'un mépris sans bornes. Puis, je pourrai conserver ma place, avant d'être sorti du théâtre entre quatre planches. Vous de même.
De toutes façons, je m'en branle, il ne me reste même pas 2 ans à passer en compagnie de ces gens avec lesquels je n'ai en commun qu'un mépris sans bornes. Puis, je pourrai conserver ma place, avant d'être sorti du théâtre entre quatre planches. Vous de même.
Français Méthodes et Techniques, Nathan, 2006-10-25
( ceci n'est pas un encadré)
Par bonheur, il ne me reste que deux ans à passer en compagnie de ces figures avec lesquelles je n'ai en commun qu'un mépris sans bornes. Puis, je pourrai conserver ma place, avant d'être sorti du théâtre entre quatre planches. Vous de même.
De toutes façons, je m'en branle, il ne me reste même pas 2 ans à passer en compagnie de ces gens avec lesquels je n'ai en commun qu'un mépris sans bornes. Puis, je pourrai conserver ma place, avant d'être sorti du théâtre entre quatre planches. Vous de même.
Français Méthodes et Techniques, Nathan, 2006-10-25
( ceci n'est pas un encadré)




