Mon coup d'épée dans l'eau

Mon coup d’épée dans l’eau

Sachant que la poésie a vocation à dire un réel transfiguré, l'erreur que j'ai peut-être commise est celle d'être trop évident, trop vrai, trop honnête.
Merci de m'avoir fait réaliser que je devais en revenir aux MENSONGES qui sont propres au genre poétique.

C'était pourtant cela, cette mort sur la pointe des pieds, qui me rappelait ma propre liberté en ces heures sombres et ulyssesques où tout semblait dicté par des volontés étrangères et contradictoires.

# Posté le lundi 17 novembre 2008 16:51

Modifié le dimanche 23 novembre 2008 08:38

La comedia de los corazones

La comedia de los corazones
“El silencio se cae alrededor de tus ojos de sombra. Eres la muchedumbre escapándose, eres la huida de las nubes.” Así habló Orjeni, quemando secretamente el veneno de sus palabras en la alma de su Musa. Ifidia, mira las olas de la alba, mira el crepúsculo que abre tus labios, y déjame olvidar tus murmullos de polvo y de humo.
Mira mis ojos, lee en mis noches el gusto infernal por tu risa de cenizas y la pasión escondida de tu gracia.
La triste melancolía de tus dedos huesudos arranca las velas de ilusión, las velas de lluvia, los ríos sagrados, y sobre todo, grita, grita sus lágrimas, grita y se desnudarán los ojos, para que, en una armonía de primaveras, aparezca la dramática verdad, esta verdad mortífera, tiránica, y trágica.

Limbes : Nous sommes un, et nous irons, tristes corbeaux chargés d'or et de haillons, nous irons ruisseler sur vos routes, nous perdre jusqu'aux plus lointaines de vos horreurs.
Nous n'avons pas peur de le crier : nous ne sommes pas schizophrènes !

Et toi, lettre vacillante, croise et décroise les méandres de tes jambes sous cette table de vapeurs, et dégorge ta fumée, tandis que d'un geste nonchalant, je précipite dans leur chute quelques cendres traînantes et amoureuses, vers le gouffre du cendrier,
quand de suaves ruisseaux de brumes cafardeuses,
et d'orages bleutés s'élançant vers le ciel,
s'enlacent sans pudeur, et marient leurs courants.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 18 novembre 2008 16:33

Au c½ur fumétique

Au c½ur fumétique


En l'honneur du vin sacré
Et des mains qui sont toujours pleines ou ne sont pas,
Sous les rosiers déchirés, hâte-toi vers l'inconnu, presse ton pas vers l'étourdissement, l'effondrement.
Homme, affronte ta méchante âme.
Mais toujours perds tes yeux dans les plus profonds gouffres de la peine, et jamais n'offre ton âmes aux fraîches peintres, aux plus fragmentés des suintures solaires
Oh non, laisse rimer la nuit sous son linceul écarlate,
Pince de tes plongées les vaines cordes de mon c½ur,
Tu n'arriveras jamais à les faire sonner,
Non tu ne joueras pas de moi comme on joue d'un pipeau,
Tu ne te joueras pas de moi comme on se joue de la nuit.
Laisse plutôt traîner des vallées de larmes, aux pieds salvateurs de la haine

Oui, qui embrase l'abîme, et nourrit
Voyage -toujours ! -les gorges aveugles accablées
Envoûtantes
Qui fait sonner en moi
Les chevauchées terribles
De l'ombre, terrifiée,
Héroïne de toutes les nues
Sanctuaire des pires errements
Aveugle !
Aveugle-moi
De pénitence,
De toges, de temples vides,

Accablé
Négît
Sous les plus fades crissements
Est le chant
Orjeni
Sinoisement
Toi qui toujours errais
Dégarnis la terre de
Ses errements
Enjambe ces gouffres,
Ces arrachements
Ces chimères
Ces déchirures
Des abîmes infâmes
Des horizons voyeurs
Puants
Écroulements
Effondrements
Les âmes haletantes sous la froide
Main de la plaine vengeresse.

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le jeudi 11 décembre 2008 00:40

Oniris et Pandora

Oniris et Pandora
I
J'habite par vos mots des époques déchues,
Ces sommets de lettres de la Grande Moscou
Ces lits de feu glacé que je n'ai pas connus,
Les secrets des ces steppes que la nuit dénoue,
Et je revois toujours ces vampires d'esprit
Qui répandaient au vent les braises de nos vies.

Il ne fait plus froid.
Il ne fera plus jamais froid.

II
Ne te masque pas à moi comme cette grêle aux fines plumes qui vient s'alanguir sur les touches de mon éther.

Dans un ultime souffle, laisse-moi t'implorer,
Abandonne mes songes, dérobe-toi à moi
En fuyant vers l'oubli, apprends à dépeupler
Mes nuits auxquelles il semble qu'un seul être manque.

Saisis les vapeurs de ma solitude, s'éternisant dans les glaces de la Kolyma.
Mais toujours laisse-moi les espaces de sang
Les amples vices de tes nuées les plus douces.

O, toi qui rougeoyais sur les vagues de l'aube,
Et semais la beauté dans les plis de ta robe,
Toi que j'ai statufiée, aimée et dénudée
Toi que j'ai dévoilée, de mes nuits disparues
Toi dont j'ai su aimer le corps dépossédé,
Ne t'évanouis pas comme tu es apparue.

III
Quelques gouttes sucrées et imbibées d'absinthe
Et les retombées vertes qui s'imposent à moi -
Versifie ta vie,
A chaque éveil, arrache une poésie,
Fais de tout instant un symbole,
Ô grandeur, hautbois des enfers et volutes des anges !

Oui, le démon, le fou, l'admiré et le craint,
L'immortel Orjeni empoisonne vos rues.
Que le monde le sache ! Que le monde frémisse !
Je rampe parmi vous et je vivrai toujours !




O lecteur, ô toi qui n'es ni mon semblable ni mon frère. Laisse-moi te confier ce secret clandestin. Jette vite au feu ces pages empoisonnées, avant que le venin de mon livre ne traverse ta peau, que l'encre ne pénètre tes mains, et voyage dans tes veines.

Tu l'ignores peut-être encore, mais tu as tenu entre tes mains l'affreux portrait de ma jeunesse, de mon vice et de mon impudeur. Et ce portrait vieillira pour moi, il se fondra dans les ruissellements de l'époque, tandis que je le regarderai passer, flottant sur la vase, je verrai sa couverture infecte se charger d'eau trouble, et je resterai droit et sombre sur la rive.

Tu as un jour craint Maldoror. Tu as lâché ce recueil de chants avec frayeur, de peur que son mal ne pénètre ton âme. Et dès lors, chaque soir, dans les venelles étroites, tu pries pour ne jamais voir paraître cet ange au manteau noir, ce sublime démon, dont les mots que tu ne veux pas entendre s'imposent à ton oreille, à l'heure où le sommeil tourne encore autour de ton visage.

Toi qui as craint Maldoror, crains moi encore plus, crains Orjeni, crains Espasion, crains Oniris et Occide, Iphidia et Morero, cette foule de noms, car ils sont les témoins muets de ma lente plongée au c½ur de l'horreur, de ma perte d'innocence et de miséricorde, de l'avènement de ma dépravation, de ma perversité, de ma folie.

# Posté le mercredi 21 janvier 2009 18:10