Révolution de plastique

Révolution de plastique
Tous raillent l'autorité, mais leurs mots courent se réfugier à mes oreilles dès qu'un encasqué pointe le bout de sa matraque. Je croyais qu'on faisait encore une différence entre coupables et innocents : délit de présence.
La rue ensanglantée traîne ses pavés délivrés à eux-mêmes par le loup qui s'enfuit.

Je répète et martèle la constance de l'instinct de survie de la foule enécharpée ! Réinventons la langue et la violence euphorique ! Sous la nuit embastillée, le théâtre humain fait pleuvoir coups de c½ur (et ) de pierre.

Mes mots délirés s'abandonnent dans la profonde grammaire, et le lointain me chuchote à l'oreille : « évade-t-en. ».

Il est vrai que faire vivre et donner mort à ces ombres ne fait pas exister. Ne suis-je qu'un semblant d'autonomie? Vis-je quand je vois, vois-je quand je dois vivre, ou bois-je pour oublier?

La condition, c'est la mort humaine, ou bien la condition humaine c'est la mort? Et nos proches, sont-ils si proches, ou ne sont-ils que de solides fantômes aux allures de rien?

Tourments... D'ici quelques années, il n'y paraîtra plus !

# Posté le samedi 25 mars 2006 17:34

Modifié le vendredi 20 février 2009 05:31

Comme une pupille trop grande...

Comme une pupille trop grande...
Le disque riche et célèbre s'ennuie en débitant ses conneries désarticulées, ses mensonges éhontés, et ses salades décomposées. Mon temps avachi regarde la pluie tomber et déverse ses mots aphones. Et elle glisse toute seule dans la foule sans la remarquer, et sans voir ces fleurs qui flottent encore dans le crépuscule ruisselant.

L'adolescence, écriture de la négation, ou négation de l'écriture ?
Je ris au visage de ces formes hideuses qui me saisissent à la gorge.

L'éternel, c'est le souhait à la portée de l'homme.

Ça sent la mort vierge, tranquille et sans éclaboussures des personnes usagées, bientôt recyclées par notre fétide cynisme, car si l'image est figée, le souvenir vit et palpite au fond de ces veines mollement tirées par les années fatiguées. Honte sur nous, infâmes machines à écrire la mort. Ces corps tout frissonnants de vie crachent à la gueule du suicide. Qui après tout voudrait aller croupir au fond d'une vase infernale? Patauger dans d'idéalement innocents nuages? Soulever à chaque pas cette mousse de laborieux sang humain? Sous un ciel obstinément trop bleu, pourquoi nager jusqu'à plus soif dans une page éblouissante de déception ?

# Posté le mardi 28 mars 2006 06:19

Modifié le vendredi 20 février 2009 05:31

En souvenir d'une romance d'été...

En souvenir d'une romance d'été...
Trop loin de chez moi, j'écris comme si de rien n'était, comme si la légèreté était risible. Mais tout est si vrai, si palpable. La négation du réel est honteuse : tout n'est que néant ou absolu ici-bas. Dois-je vraiment écrire un I miss you tous les ans, fragile composition jamais retouchée malgré tes conseils, Inégalable ? La vierge tendresse, la douce violence d'un moment si amer ne se trouvent qu'une fois. L'homme ne peut imposer cette passion à des mots qui se rient de tout, insoutenable légèreté de lettres. J'étale ici des souffrances étrangères, qu'il fait avoir vécues pour reconnaître, et saluer. L'écho lointain faiblit et se ravive, mais ne s'éteint jamais vraiment. Et je le fais sans honte aucune. “We feel guilty for what we do, we feel ashamed for what we are.”
Aussi, je ne me cacherai pas pour mourir. Je ne peux que plaindre ceux qui s'entourent de toi, de vous toutes comme ces collections que l'on ne termine jamais, en portant de moins en moins d'intérêt aux pièces qui les composent, mais peut-être est-ce tout ce dont on a besoin pour se sentir exister...
Tu me manques. Je t'ai trouvée perdue, perdue comme la phrase au milieu d'un texte que l'on prend la peine de relire à voix haute tant sa musique nous touche et nous enivre. Mais déjà, tu glisses entre mes bras dès que l'amour se lève.
Et je reste seul, une perle de sang à l'½il, à dévisager la mer, qui s'étonne et qui vit, comme le visage changeant d'un enfant qui lit.
Peut-être se retrouvera-t-on un jour, là où la lumière se meurt, à Broadway?


I miss you...

# Posté le vendredi 14 avril 2006 11:53

Modifié le vendredi 20 février 2009 05:31

La Rupture

La Rupture
Rêve d'une nuit d'automne
ou
La Rupture


Je ne sais plus qui rêve (ou doit rêver, car tout est devoir) ce sourire faux. Seulement, émergeaient des brumes paniquées quelques mots que j'attribuais alors à la jeune fille de Saigon, son chapeau vissé sur sa tête et encastrée dans sa robe blanche pour l'éternité.
Un peu de sa mère sur les épaules.
Ces mots étaient : l'éclat d'un fléau de toi.
Violence d'un être et d'une jeunesse détruite et piétinée, mais qui toujours nous renvoie notre propre image, inlassablement, comme le misérable miroir de nos yeux.
C'est pour moi le reflet d'une enfance littéraire sacrifiée, jetée au jeu, et qui me poursuit.
Et tous ces visages étrangers, apparemment détachés mais si présents malgré eux dans le réel béant aux murs tirés, me le rappellent de leurs mots si vrais : « Pauvre con. ».
Et ils n'ont pas tort, ces critiques suspendus.
J'ai beau me dire que l'humain qui naît est une page blanche qui se tourne, se tord et se détord, s'écrit et se relit, l'autodafé du moindre de mes mots passés me répugne. Mais ce soir tout est différent. J'ai tiré un trait sur neuf mois de ma vie. Le temps d'enfanter d'un amour informe, et le voilà déjà mort. J'hésite entre pendre la passion et peindre la liberté. L'orage est emmuré ( une bonne chose de faite ) et j'exulte et j'oublie par tous les moyens jusqu'à l'éveil. Et je roule et roule sans relâche jusqu'à l'inconscience, trempé de larmes qui me brûlent la gorge. Je ne fais ici que réciter des prières : cette jeunesse déterrée sera-t-elle un jour délivrée de sa peur du sang ?
Chien hurlant ses poèmes à la lune, offrant nuitamment ses mots à ses contemporains.
Pourquoi m'éteindre puisque ma vie ne s'arrête plus dans tes yeux?

En attendant la dernière cigarette, je propose un suicide collectif, partez devant, je vous rattrape...

It's getting hard to be someone...

# Posté le vendredi 14 avril 2006 12:02

Modifié le vendredi 20 février 2009 05:32

Renouveaux

Renouveaux
La Physique part du principe que nous ne sommes qu'un tas difforme d'atomes insensibles. C'est la basse négation de l'être, tout ramener à une matière qui pense, uniformément, comment faire rentrer dans une règle universelle la variété des libertés humaines ?



Un clown triste,
portrait usé d'une joie forcée,
maux de c½ur et mots d'esprit.
Ces arbres émus en ont vu passer,
des corps sans rêve,
des corps sans âme,
mais jamais autant qu'aujourd'hui.
Jeune fou apprenti poète
déambule
dans les rues un peu vieillies
d'un Paris qui s'en fout.

Juego del hijo del hombre.
Bronce y sangre,
el reflejo del Antiguo
permanece, aplastante,
la frialdad de las palabras temblorosas
que se escurren de unos labios,
llorando la triste verdad
del conocimiento y de la sabiduría,
renunciando a la cariñosa locura
de los años que nos quedan.
Pero nos perdemos en las brumas de la creencia y de la negación.


Alcools aussi

# Posté le mardi 18 avril 2006 08:48

Modifié le vendredi 20 février 2009 05:33